Mesures 5G à Champel (Genève) : le principe de précaution n'est pas respecté

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Mesure de l'irradiation en 5G et 3G/4G au parc de jeux des Falaises à Genève
Mesures 5G Parc des Falaises Genève 2021
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Contexte : place de jeux pour enfants à Genève

Le parc des Falaises, sur les hauts de Champel en bordure des falaises de l'Arve, orné de beaux conifères, offre un terrain de jeux magnifique pour les enfants, à l'écart de la ville, mais hélas pas des ondes électromagnétiques ! En effet, un bloc d'antennes-relais se situe au sommet d'un immeuble qui délimite le parc, chemin de Beau-Soleil.

Dans ce quartier, une "pétition contre les ondes nocives de la 4G+ et 5G" a été lancée en octobre (1) et j'ai recueilli le témoignage oral (2) de plusieurs personnes se plaignant de troubles contemporains aux récentes modifications d'antennes, lesquelles se sont faites malgré le moratoire sur la 5G adopté par le canton de Genève (3).

L'article étant assez technique, je vais essayer de clarifier les principes de mesure et leur pertinence. Le but est de vous faire "entrer" dans le monde de la mesure, c'est essentiel pour comprendre les enjeux.

 

Matériel utilisé et méthode

J'ai utilisé du matériel professionnel Gigahertz Solutions (4). Le but était de réaliser des enregistrements sur plusieurs minutes plutôt que des mesures "à la volée". En effet, les intensités reçues sont très fluctuantes dans le temps.

 

Les mesures ont été réalisées jeudi 25 mars entre 14h30 et 15h15.

 

Mesures 5G : Analyseur hautes fréquence HFW59D + filtre passe-haut (5) à 3,3 GHz + antenne omnidirectionnelle (6) UBB2410

On ne mesure donc que la 5G dans la bande 3,5 GHz - 3,8 GHz

J’ai mesuré la valeur crête et la valeur moyenne (RMS) de la densité de puissance, qui s’exprime en µW/m2, et peut être convertie en champ électrique équivalent (V/m), grâce à une formule. (7)

L'enregistrement s'est fait grâce au couplage avec l’analyseur-enregistreur NFA1000 du même fabricant, qui possède la fonction d'enregistreur.

Le filtre actif passe-haut ayant une perte d'insertion de 1dB, il faut multiplier les résultats par un facteur x 1,25 pour compenser la sous-estimation. (8)

 

Mesures 3G/4G : Pour comparer les intensités mesurées en 5G avec celles issues des technologies 3G et 4G situées aussi sur le toit, j'ai utilisé le matériel suivant : HF59B + filtre de fréquences FF10 (9) + antenne omnidirectionnelle UBB27G3.

 

On peut mesurer avec le HF59B et l’antenne UBB27G3 toutes les fréquences comprises entre 27 MHz et 3,3 GHz : la 2G, la 3G et la 4G, sauf bien sûr la 5G à 3,5 GHz.

J’ai mesuré les valeurs crêtes et la valeur moyenne (RMS). L’enregistrement s’est fait par couplage avec le NFA1000.

 

Les appareils étaient tenus à la main, à une hauteur d'environ 1m, écartés du corps, loin de toute personne, et donc de tout téléphone portable, afin de ne pas perturber les mesures.

 

Remarque : En Baubiologie et en médecine environnementale, on préfère utiliser la notion de densité de puissance reçue par les organismes, d’où l’usage du µW/m2. En revanche, les normes officielles utilisent une unité plus physique, celle de champ électrique, en V/m. Quand le champ électrique double, la puissance reçue quadruple : la puissance reçue est proportionnelle au carré du champ électrique. La densité de puissance renseigne mieux sur l’énergie reçue.

 

 

Résultats de mesures en 5G

Mesure de la densité de puissance moyenne (RMS)

 

Ici, j'ai mesuré la densité de puissance reçue moyenne (RMS) pendant une durée de 2 minutes.

On constate que la moyenne des moyennes (moyenne RMS) est assez faible : 3,86 µW/m2. Avec le facteur de correcteur x 1,25 dû à l'atténuation du filtre passe-haut, on obtient 4,825 µW/m2 (soit un champ électrique de 0,042 V/m).

On serait en droit de se dire que tout va bien. Nous allons voir plus loin qu'il n'en est rien dès que l’on tient compte des valeurs crêtes.

On note que cette valeur moyenne peut atteindre, à ce moment de la journée assez calme une intensité de 9 µW/m2, ce qui donne 11,25 µW/m2 après correction (soit un champ électrique de 0,065 V/m).

Remarquons que l’irradiation naturelle dans la gamme de fréquences du Gigahertz était mille milliards de fois inférieure il y a 100 ans : elle n’existait tout simplement pas, probablement parce que la nature ne l’avait pas prévu. Ce qui signifie qu’elle n’a probablement pas non plus prévu de mécanismes de protection naturels pour le vivant. (10)

 

 

Mesure de la densité de puissance de crête

 

La mesure de la puissance de crête donne de tout autres résultats.

Cet enregistrement, qui a duré tout juste 3 minutes, montre que les valeurs crêtes (11) atteignent jusqu'à 209 µW/m2.

 Il faut ici apporter deux facteurs de correction :

  • Un facteur de correction x 1,25 dû à la perte d'insertion du filtre passe-haut.
  • Un facteur de correction x 4 proposé par le constructeur dû au choix de largeur de bande vidéo limité à 2 MHz (VBW max), pour diminuer le bruit de fond, avec l'inconvénient de ne pas saisir toute l'amplitude des impulsions très courtes des signaux 5G. (12)

Au total, la correction est donc x 5, ce qui donne des puissances crêtes maximum de 1'045 µW/m2.

Sur cet enregistrement très court de 3 minutes, les enfants peuvent donc avoir reçu deux pics d'intensité de valeur 1'045 µW/m2 (soit un champ électrique de 0,62 V/m). Le résultat est très différent d'une puissance moyenne, et l'on peut se questionner sur l'importance des facteurs de crête des signaux 5G.

 

La valeur moyenne des puissances crêtes est mesurée à 37,71 µW/m2, ce qui donne 188,55 µW/m2 après correction d’un facteur 5.

Le facteur de crête est le rapport de la puissance crête moyenne sur la puissance moyenne RMS, ce qui donne : 188,55 : 4,825 = 39

La moyenne des puissances crêtes est importante par rapport à la puissance moyenne RMS. Ceci peut expliquer les symptômes des personnes en souffrance, malgré une irradiation jugée faible selon la norme. Tenir compte seulement de la valeur moyenne tend à nettement minimiser l'impact cellulaire, sans parler du fait qu'un impact, une impulsion, a un effet de surprise sur les cellules des organismes.

 

Remarque importante : Les mesures réalisées correspondent à de la 5G « wide » avec antennes conventionnelles. Les valeurs de puissance crête seraient nettement augmentées en cas de 5G « fast » avec antennes adaptatives, qui émettent de façon ciblée mais discontinue sur l’utilisateur. En effet, les « facteurs de correction » (13) récemment publiés par l’OFEV sont en fait des facteurs de réduction permettant d’augmenter les puissances crêtes émises, et donc dans les faits les valeurs limites d’installation des antennes.

 

Dans le pire cas, avec une antenne adaptative à 64 cellules (dite 64T64R), le facteur de correction de 0,10 permet de multiplier par 10 la puissance d’émission maximale. Ce qui signifie que pour les lieux à utilisation sensible (LUS), les valeurs crêtes en champ électrique limitées jusque-là à 5 ou 6 V/m (selon le contexte), seraient autorisées pendant un échange de données jusqu’à 16 ou 19 V/m (respectivement). Pensez-vous que ce sera la même chose pour nos organismes, même si la valeur moyenne de champ électrique calculée sur 6 minutes ne dépasse pas 5 ou 6 V/m ?

 

Interprétation ICNIRP / ORNI : faut-il se fier à la puissance moyenne ?

 

En fait, tout se joue au niveau de l'interprétation.

 

Les normes internationales se fondent sur la mesure de la puissance moyenne (RMS), parce que celle-ci permet de savoir si l'échauffement des tissus sera acceptable.

 

Pour information, c'est l'ICNIRP (14), un organisme non gouvernemental agréé par l'OMS, qui propose des lignes directrices acceptées par de nombreux pays européens comme la France ou l'Allemagne.

 

Document Gigahertz Solutions

La valeur Peak est la valeur crête du « paquet d’ondes », ici représenté par un créneau - c’est très simplifié, car le créneau représente de nombreuses impulsions, ou informations binaires, mais montre bien la différence entre une crête et une valeur moyenne. Sur le schéma, on voit que la valeur moyenne vaut un dixième de la valeur crête.

 

Les "niveaux de référence" (15) proposés sont des valeurs moyennes (RMS) du champ électrique, qu’on peut convertir en densité de puissance équivalente.

Fréquence (MHz)

ICNIRP

Niveaux de référence

en champ électrique (V/m)

 

Densité de puissance équivalente (µW/m2)

700 MHz (4G, 5G)

36 V/m

3,5'000’000 µW/m2

800 MHz (4G)

39 V/m

4'000’000 µW/m2

900 MHz (2G, 3G)

41 V/m

4,5'000’000 µW/m2

1400 MHz (5G)

51 V/m

7'000’000 µW/m2

1800 MHz (2G, 4G)

58 V/m

9'000’000 µW/m2

2100 MHz (3G, 5G)

61 V/m

10'000’000 µW/m2

2600 MHz (4G)

61 V/m

10’000’000 µW/m2

3500 MHz (5G)

61 V/m

10’000’000 µW/m2

 

La réglementation Suisse (ORNI) (16) est plus stricte, en fixant des valeurs limites nettement plus faibles pour les lieux à utilisation sensible (LUS) (17) :

 

Fréquence (MHz)

ORNI

Valeurs limites d’immission

en champ électrique(V/m)

Lieux à utilisation sensible

 

Densité de puissance équivalente (µW/m2)

700 MHz (4G, 5G)

4 V/m

42'440 µW/m2

800 MHz (4G)

4 V/m

42'440 µW/m2

900 MHz (2G, 3G)

4 V/m

 42'440 µW/m2

1400 MHz (5G)

5 V/m

66'312 µW/m2

1800 MHz (2G, 4G)

6 V/m

95'490 µW/m2

2100 MHz (3G, 5G)

6 V/m

95'490 µW/m2

2600 MHz (4G)

6 V/m

95'490 µW/m2

3500 MHz (5G)

6 V/m

95'490 µW/m2

Installations avec fréquences mélangées (cas le plus courant)

5 V/m

 

66'312 µW/m2

 

 

Il est à noter qu'en France, quand des lieux ont des valeurs supérieures à 6 V/m, ils sont nommés points atypiques (18) et doivent être selon la loi corrigés. Ce qui prouve que la France reconnaît implicitement qu'au-delà de 6 V/m, l'irradiation électromagnétique devient préjudiciable. En pratique, l'ORNI Suisse n'est guère différente des exigences françaises.

 

Il est certain que comparativement à une limite ORNI fixée à 5 V/m, les valeurs crêtes de 0,6 V/m de champ électrique relevées au parc des Falaises restent faibles.

Tout est-il pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ? Nous ne le pensons pas au vu des témoignages nombreux concernant les effets biologiques pour des irradiations jugées faibles selon la loi. La science indépendante et sans conflit d'intérêts en témoigne.

 

 

Le principe de précaution selon la Biologie de l'habitat et l'Académie européenne de médecine environnementale

Ici, nous renversons les points de vue et ne cherchons pas à savoir si une norme officielle est respectée ou pas. Dans la pratique, les valeurs limites sont quasiment toujours respectées. C'est comme si on limitait la vitesse sur autoroute à 10'000 km/h : tout le monde va la respecter et rouler à 300 km/h va alors paraître prudent, alors qu'il n'en est rien.

 

Nous allons donc nous placer du point de vue du principe de précaution défendu par deux organismes :

 

·       La Baubiologie, une discipline qui définit différents critères pour créer un cadre de vie "sain, naturel, durable et beau", incluant la réduction de la pollution électromagnétique. (19)

·       L'Académie européenne de médecine environnementale (EUROPAEM), constituée de médecins de médecine environnementale, qui a pour objectif la protection préventive de l'environnement, en s'intéressant en particulier à la pollution électromagnétique. (20)

 

Ces deux organismes ont donné des recommandations pour prévenir ou traiter les problèmes de santé en lien avec les champs électromagnétiques. Ces recommandations ne concernent pas les valeurs moyennes (RMS), mais les valeurs crêtes.

Pourquoi ? La valeur moyenne permet de calculer l'échauffement des tissus, et donc la norme ICNIRP est intéressante pour prévenir des effets aigus dus à de forts rayonnements électromagnétiques, mais pendant une durée de seulement 6 minutes.

Par conséquent, ce type de mesure ne renseigne pas sur les effets athermiques dus à l'exposition chronique à des rayonnements électromagnétiques moyens ou faibles. C'est là que la mesure des valeurs crêtes trouve son intérêt, pour quantifier le stress électromagnétique (sans le qualifier).

 

Prenons une image : imaginez que vous êtes sur un ring de boxe et que vous cherchez à éviter les coups de différents adversaires. Le premier adversaire donne toujours des coups modérés mais en continu, alors que le second adversaire donne peu de coups mais très forts. La valeur moyenne sera la même, mais le second adversaire vous mettra KO, alors que vous résisterez au premier. Le premier adversaire correspond à la valeur moyenne (RMS), alors que le second adversaire correspond à la valeur crête ("Peak value", sur le schéma précédent).

 

Recommandations de la Baubiologie et de l'Académie européenne de médecine environnementale

Les recommandations de ces organismes sont fondées sur les résultats de la recherche indépendante, sans conflit d'intérêt.

 

Valeurs de précaution en Baubiologie concernant les zones de repos et de sommeil :

Non significatif  Faiblement significatif                   Fortement significatif                    Extrêmement significatif

 

Densité de puissance :

< 0,1µW/m2       0,1 µW/m2 – 10 µW/m2                 10 µW/m2– 1000 µW/m2             > 1000 µW/m2

 

Intensité de champ électrique :

< 0,006 V/m      0,006 V/m – 0,061 V/m                 0,0061 V/m – 0,61 V/m                 > 0,61 V/m

 

 

Valeurs de précaution de l'Académie européenne de médecine environnementale pour les durées prolongées (> 4h/jour)

 

Intensité électromagnétique

Exposition de jour

Exposition de nuit

Personnes sensibles

TNT (télévision)

1000 µW/m2

100 µW/m2

10 µW/m2

2G/3G/4G

100 µW/m2

10 µW/m2

1 µW/m2

DAB+ (radio numérique)

Pulsé à 10,4 Hz

10 µW/m2

1 µW/m2

0,1 µW/m2

Wi-Fi 2,4 / 5,6 GHz

Pulsé à 10 Hz

10 µW/m2

1 µW/m2

0,1 µW/m2

 

Remarque : il est possible de convertir ces mesures de densité de puissance (µW/m2) en valeurs de champ électrique (V/m), grâce à une formule de calcul - voir note 7.

 

Densité de puissance (µW/m2)

0,1 µW/m2

1 µW/m2

10 µW/m2

100 µW/m2

1000 µW/m2

Champ électrique équivalent (V/m)

0,006 V/m

0,02 V/m

0,06 V/m

0,2 V/m

0,6 V/m

 

 

Ces organismes n'ont pas encore statué sur les valeurs de précaution concernant le rayonnement de la 5G.

 

 

Interprétation selon le principe de précaution

Je propose maintenant d'interpréter les résultats de mesure au Parc des falaises selon le principe de précaution.

Les valeurs de crêtes les plus fortes mesurées pendant environ 3 minutes ont montré une densité de puissance maximum de 1'045 µW/m2, soit 0,62 V/m de champ électrique.

Selon la Baubiologie, une puissance reçue de 1'045 µW/m2 (ou 0,62 V/m) est jugée extrêmement significative.

Selon l'Académie européenne de médecine environnementale, 1'045 µW/m2 sort des recommandations de jour et de nuit pour la téléphonie mobile.

Selon la Baubiologie, le principe de précaution serait respecté pour des crêtes maximales de 10 µW/m2 (ou 0,061 V/m).

Selon l'Académie européenne de médecine environnementale, le principe de précaution serait respecté pour des crêtes maximale de 1 µW/m2 pour les populations sensibles, ce qui est le cas des enfants en pleine croissance.

Selon le rapport BioInitiative, les valeurs de précaution se situent pour les enfants à des intensités comprises entre 3 µW/m2 et 6 µW/m2.

Bref, on en est loin : le principe de précaution pour les effets sur le long terme n'est pas respecté.

 

Il est à noter que si les valeurs de précaution étaient respectées, la téléphonie mobile ne fonctionnerait pas. Il faudra bien choisir : être irradié par les antennes-relais et les téléphones portables ou préserver la santé de la population sur le long terme.

C'est un choix de société qui nous concerne tous : que voulons-nous comme santé pour nous et nos enfants ? D'autre part, quelle Terre laisserons-nous à la postérité ? Car toutes ces antennes-relais, tous ces faisceaux hertziens (21), tous ces smartphones en échange continu de données perturbent notre biosphère.

 

 

Mesures 3G/4G vs mesures 5G

J'ai réalisé également des mesures au même endroit et à la même heure en 3G/4G pour faire des comparaisons d'intensité. Je voulais savoir ce qui occasionnait le plus de flux et si la 5G montait en puissance par rapport aux autres technologies.

 

Mesure de la densité de puissance moyenne (RMS) toutes fréquences confondues (sauf la 5G)

 

 

J'ai mesuré ici la densité de puissance moyenne (RMS) pendant 2 minutes de l'ensemble du spectre, excepté la 5G. La densité de puissance RMS est fluctuante, et sa moyenne vaut 173 µW/m2.

 

Première constatation : la moyenne de la densité de puissance RMS de la 5G a été évaluée à 4,825 µW/m2.  Le rapport 4,825 / 173 = 0,0279 = 2,79 %.

 

La contribution en puissance moyenne RMS de la 5G par rapport à l'irradiation totale est inférieure à 3%.

 

Quantitativement, du point de vue des valeurs moyennes, la contribution 5G est actuellement très faible.

 

 

Mesure de la densité de puissance moyenne (RMS) à 2'100 MHz (3G)

 

Ayant constaté que la fréquence prépondérante se situait à 2100 MHz (3G), j'ai décidé de réaliser un enregistrement spécifique à cette fréquence.

La moyenne de la puissance RMS, pour cet enregistrement de 2 minutes, est de 41 µW/m2.

C'est cohérent, on ne mesure qu'une partie du signal total entre 27 MHz et 3,3 GHz.

 

La contribution 3G est environ 8,5 fois plus forte que la contribution 5G, pour la puissance moyenne RMS.

 

 

 Mesure de la densité de puissance de crête à 2'100 Mhz (3G)

 

Toujours à la même fréquence 2100 MHz (3G), j'ai enregistré la puissance crête du signal.

 

Cet enregistrement de deux minutes nous montre des valeurs crêtes fluctuantes, avec un maximum à 650 µW/m2.

 

Selon les recommandations du fabricant, pour une largeur de bande vidéo standard (VBW standard = 30 kHz), nous appliquons un facteur de correction x 10.

 

Cette correction est due au fait que les signaux à fort facteur de crête sont mal mesurés, vu la faible largeur de bande vidéo. (22)

 

Par conséquent, nous pouvons évaluer ce maximum à 6'500 µW/m2.

 

 

 

 

 

 

 

Constatation

 

En termes de puissance de crête maximale, on a mesuré 1'045 µW/m2 en 5G et 6'500 µW/m2 en 3G.

Le calcul du rapport donne 1'046 : 6'500 = 0,16.

 

Autrement dit, la contribution 5G en puissance crête maximale vaut 16 % de la contribution 3G : ce n'est plus du tout négligeable.

 


 

Facteur de crête moyen

La moyenne des valeurs crêtes vaut 91,5 µW/m2, et donc 915 µW/m2 après correction.

Le facteur de crête moyen pour la 3G vaut 915 : 41 = 22

Par comparaison, le facteur de crête moyen pour la 5G vaut 39, soit environ 2 fois plus.

 

Conclusion

Les mesures réalisées visaient à apporter un éclairage de terrain, ainsi qu'à nourrir la réflexion et le débat sur le danger de l'exposition aux radiofréquences issues des antennes de téléphonie mobile, en particulier en 5G.

 

Le constat est que la puissance moyenne (RMS) des signaux 5G est assez faible au parc des Falaises, mais pas les puissances crêtes. Ces puissances crêtes dépassent les recommandations d'organismes de prévention comme la Baubiologie, l'Académie de médecine environnementale ou le rapport BioInitiative 2012. Par conséquent, le principe de précaution n'est pas respecté, principe qui devrait être un droit absolu pour la santé et le développement sain de nos enfants.

 

Au-delà du principe de précaution, le rapport BioInitiative 2012 relate que plusieurs études sur les antennes-relais rapportent des effets biologiques entre 30 µW/m2 RMS (0,1 V/m) et 500 µW/m2 RMS (0,43 V/m).

Au parc des Falaises, la puissance moyenne RMS mesurée était de 173 µW/m2 pour la 3G/4G et de 4,825 µW/m2 pour la 5G.

La puissance crête maximale évaluée en 3G était de 6'500 µW/m2 et de 1'045 µW/m2 en 5G. Ces intensités laissent à penser que les enfants subissent des effets biologiques cellulaires.

 

Rappelons que selon le professeur Christopher Portier, l'ancien directeur du Centre national de santé environnementale qui dépend des Centers for Desease Control and Prevention américains (CDC) : "Il existe suffisamment de preuves pour suggérer que le stress oxydatif et la génotoxicité sont tous deux causés par l'exposition aux radiofréquences et que ces mécanismes pourraient être la raison pour laquelle les radiofréquences peuvent induire des cancers chez l'homme".

Le stress oxydatif est l'agression chimique des organismes par les radicaux libres, il conduit au vieillissement prématuré et est impliqué dans de nombreuses maladies.

La génotoxicité est la capacité de causer des dommages au matériel génétique par des agents physiques, chimiques ou biologiques. Les radiofréquences endommagent notre ADN.

 

Ma question est la suivante : "Voulons-nous cela pour nos enfants ?" Si notre mode de vie ne protège pas la vie, quel avenir donnons-nous à nos enfants ? Un smartphone en mode de veille pollue continuellement par l'échange régulier de données mobiles, et l'usage de nombreux téléphones portables en un lieu accroît notablement la puissance d'émission de l'antenne-relais la plus proche.

De plus en plus de gens deviennent électrosensibles, voire hypersensibles, et mon métier m'amène à les rencontrer. Ce que je constate, c'est que l'ensemble du territoire en Suisse ne respecte pas le principe de précaution. Difficile de trouver des endroits épargnés. Je constate aussi qu'il y a eu une nette aggravation de la situation depuis l'avènement de la 4G+ et de la 5G.

 

Je pense, comme le scientifique Arthur Firstenberg (23), que l'ensemble des radiofréquences, ou communications sans-fil, est totalement incompatible avec la vie. Les preuves scientifiques sont là. Il nous faut privilégier les communications filaires, et renoncer au téléphone portable. Beaucoup diront que c'est impossible, mais ce n'est pas vrai. De plus, la 5G n'en est qu'à son début, la première étape. La seconde étape sera la 5G millimétrique, avec des microcellules à antennes adaptatives tous les 100 m et une irradiation encore supérieure. Voulons-nous cela pour notre santé, et voulons-nous un mode de vie de plus en plus sous surveillance électronique, comme nous le montre déjà la Chine (24) ?

 

 

Alexis Le Moal

Ingénieur Cnam

Consultant en environnement électromagnétique

harmonia-dynamis.ch

 

 

Remerciements

Un grand merci à Jean-Daniel Zeller, de l'association "5G Moratoire pour la Suisse", pour la relecture, les demandes de clarification, les conseils, les informations pertinentes et l'aide à la mise en forme.